Zéphyre et Flore

mardi 27 août 2013

Noces de cuir !!!

Aeropow

On ne les arrête plus !

Dans l'attente de poster des nouvelles plus conséquentes, les Zephlore vous souhaitent une belle nouvelle année en Zéphlorie. Il y a deux ans de cela, vous leur avez fait la joie et l'honneur de partager les quelques moments inoubliables qui ont scellé leur union. Des moments se sont ajoutés aux moments, au fil des mois. Promis, (prévu !) un compte rendu sera bientôt mis en ligne, photos à l'appui.


Nous vous embrassons bien fort.

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lundi 27 août 2012

Noces de coton !

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Merci à Alexandra de nous avoir prêté son bouquet pour la photo.

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jeudi 31 mai 2012

Premier voyage en Crète

 

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Lundi 7 mai

Premier jour de congé pour les Zéphlore.

La checklist passée au peigne fin, le ménage fait, la lessive aussi, un nouveau Président de la République pour ainsi dire oint, les jeunes mariés se présentent, à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, Terminal 3, comptoir Sky Projects, pour l'enregistrement de leurs valises. Il est 15h25. Espace Schengen oblige, les formalités sont on ne peut plus sommaires.

L'Airbus 321 d'Air Méditerranée décolle à 17h25. Impatients de découvrir la cinquième plus grande île de la Méditerranée, longue de 260 kilomètres, large de 60 kilomètres, baignée de soleil, cernée par la mer, toute en caillasses suintant le miel et l'huile d'olive, Zéphyr et Flore découvrent, pour commencer, les conditions du vol charter dont les prix cassés permettent à leur agence de voyage de les installer dans un hôtel de luxe pour pachas. Le modeste équipage atterrit à 21h30, heure locale à l'aéroport d'Héraklion. Il est alors 20h30 à Paris. S'ils ne s'étaient pas du tout conditionnés pour faire partie d'un gigantesque bus de touristes, ils apprécient, pour leur premier vol en contrée inconnue, d'être pris en charge. L'autocar les emmène pour trois heures de route dans l'obscurité. La musique diffusée en boucle les fait rire - c'est moqueur, un touriste. Ils ignorent que les héritiers de Nikos Xylouris, de Loudovikos ou de Yannis Markopoulos marqueront leurs enchantements à venir, rythmeront leurs futurs instants bénis, accompagneront leurs boissons fraîches en bord de mer au son discret de la lyre arabisante ou hispanisante, ou aux pulsations plus présentes des patterns Eurodance du moment.

L'organisatrice du voyage annonce au micro que le car laisse derrière lui la ville d'Héraklion. Les Zéphlore comprennent qu'ils ne feront pas beaucoup d'escapades vers cette fourmillante capitale, distance oblige. Tout porte à croire qu'ils ne visiteront pas le palais de Knossos, ni les quatre musées d'Héraklion, ni les quatre églises ou basiliques de l'antique cité, ni les sites archéologiques de Gortyne et de Phaïstos. A minuit, les vacanciers arrivent à destination et, sur l'invitation de l'organisatrice, déposent avec joie leurs bagages à la réception de l'hôtel. Ils se restaurent, le terme est juste, au buffet froid. Des crudités à foison sous forme de tomates rouges, de concombres verts, d'olives vertes et d'olives noires, de feta neigeuse et ferme à souhait, de carottes amoureusement râpées par d'helléniques machines, l'inquantifiable assortiment rappelle aux Zéphlore le buffet grec de Fabdecaen. Ils se régalent, quoi. Une fois repus, ils découvrent leur chambre. Elle est conforme à la vidéo officielle de l'hôtel, et le réconfort fait oublier les conditions du voyage aérien. Comment, comment, comment, se demande chaque Airbusien en secret, vaincre le désir de consacrer les sept jours à venir dans le giron bleu et gris de l'hôtel, entre la piscine, le spa, le bar à volonté, et la grande variété, sans parler de la quantité, de la nourriture à disposition ? La fatigue a raison de cette angoisse naissante. Les matelas sont fermes, et les oreillers sont bien loin de l'austérité prônée par Bruxelles.

 

Mardi 8 mai

Les Zéphlore se lèvent à 9h30. Ils prennent le petit déjeuner au bord de la piscine de l'hôtel. La mer, ils peuvent le voir, les attend de l'autre côté de la route, à une centaine de mètres. Le bain de douceur, de calme, et la luminosité généreuse dissipent les débris de tracas qu'ils pouvaient avoir emportés avec eux. Le fond de l'air est suave. Hors de question, cependant, de se goinfrer de fruits secs, de beignets chauds, de mini-pains au chocolat ou de mousse au chocolat : la réunion d'information avec l'organisatrice du voyage débute à 10 heures. Dans une salle de séminaire, comme leurs compagnons de voyage, les Zéphlore écoutent la présentation de la Crète orientale, de l'hôtel, des excursions proposées par celui-ci, des possibilités de location de voitures, et de la ville de Sitia.

Décidés, depuis avant leur mariage, bien avant même leur rencontre et celle de leurs parents respectifs, à ne pas participer de toute la semaine aux excursions de groupe, et délibérément libres de tout objectif en ce premier jour en Crète, Zephyr et Flore se baladent dans Sitia. Ils prennent leurs premières photos. Flore est charmée par le caractère balnéaire du centre-ville. Le front de mer est fidèle à la photographie qu'elle envoya par email à son Zéphyr pour tenir le coup, entre deux urgences opérationnelles et trois deadline tertiaires dans son open space.

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Ils tournent le dos à une plage de sable occupée par les clients d'hôtels qui n'ont parfois que la rue à traverser pour bronzer sur des galets un peu rebutants. Des tavernes et des cafés occupent toute la longueur du port. Une serveuse blonde surgie de la série Melrose Place les interpelle : "Something to eat, something to drink ? - No,répondent-ils avec le sourire, thank you."

Les prophéties du «Lonely Planet» se réalisent déjà : le commerçant crétois est comme qui dirait proactif !

Le fort vénitien qui trône au loin sur votre droite indique que, comme tant d'autres villes de Crète, Sitia n'a cessé de renaître de ses cendres. Sans parler des mystérieuses catastrophes naturelles qui détruisirent toutes les cités minoennes vers 1700 et 1500 ans avant Jésus-Christ, ni des actes de piraterie sarrasine, ni de la colonisation vénitienne, laquelle réprima, comme ailleurs sur l'île, des révoltes sanglantes aux treizième et quatorzième siècles après Jésus-Christ, avant de faire de Sitia le port le plus important de Crète, notre cité balnéaire fut dévastée par un terrible séisme en 1508. Elle ne s'en releva pas. En 1648, le blocus infligé par les Turcs lui fut fatal. Les derniers habitants s'enfuirent et la ville fut détruite. Sitia ne ressuscita qu'à la fin du 19ème siècle, lorsque les Turcs décidèrent, comme les Vénitiens autrefois, d'en faire un centre administratif. Aujourd'hui, la douceur de vivre est palpable, accompagnée d'une activité certaine. La circulation automobile s'adapte aux mobylettes. Les Zéphlore croisent d'autres touristes goûtant l'éternel moment présent, mais surtout de simples gens affairées - bien que détendues, vivant de l'agriculture et du commerce.

Les habitations aux couleurs vives, se découpant sur le ciel bleu correspondent à ce que Zéphyr et Flore étaient venus voir. Zéphyr mitraille à tout va, et Flore lui dit souvent : "Attends, là, je vais prendre une photo." A quoi Zéphyr répond : "Il te faut activer le mode automatique."

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En grimpant vers les hauteurs, les tourtereaux découvrent des rues fanées, des bâtiments que des familles de sacrés zozos ont investis, décorés, peints sur un côté et pas l'autre, alors que la construction n'était pas finie, et ne le sera jamais - ou alors : plus tard. Des chats errent, toujours plus faméliques, plus effrayants de maigreur et toujours plus balafrés, à mesure que nous grimpons. Mais aux portes des plus humbles masures, il n'est pas rare de trouver une table et deux chaises accueillantes, un verre avec des fleurs, appelant à la méditation ou à la discussion sur la constitution d'un nouveau gouvernement grec, à la fraîche.

Dans Le Colosse de Maroussi (publié en 1941) Arthur Miller disait aux Grecs : "Je suis assez fou pour croire que l'homme le plus heureux sur terre est celui qui a le moins de besoins. Et je crois aussi que, lorsqu'on a une lumière comme celle que vous avez ici, toute laideur s'efface. Depuis que je suis dans votre pays, j'ai compris ce qu'i y a de sacré dans la lumière : pour moi, la Grèce est une terre sacrée.

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Les Zéphlore pourraient simplement s'asseoir sur des marches d'escalier choisies au hasard pour y regarder passer la semaine allouée à leur découverte du savoir-être méditerranéen. Cependant, la chaleur est à son comble. Il est temps de commencer à prendre soin du bronzage, avec le regard pétillant et quelque peu ahuri de ceux qui se trouvent là où ils avaient planifié d'être. Où Flore ignore encore que les miroirs de poche n'ont pas été fabriqués exclusivement pour les jolies sottes égocentriques, mais aussi pour étaler la crème solaire de façon uniforme.

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Une fois redescendus, le contraste avec le front de mer est saisissant, avec ses terrasses et ses clients bien portants. La même serveuse de Melrose Place les interpelle : "Something to eat, something to drink ?" Plus tard, répondent-il en anglais, avec un grand sourire. "Ah, soupire-t-elle en anglais aussi, plus tard...". C'est que nos futurs randonneurs retrouvent l'hôtel à 12h30 pour découvrir le visage du buffet du midi. Tout d'abord, il fait bon s'asseoir.

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Et céder à l'appel des plats chauds cuisinés, et pleins d'aubergine et de viande hachée, ainsi que des sodas en veux-tu, ressers-toi.

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Mais résolution est prise, la bouche pleine, de s'en tenir les jours suivants aux crudités et à l'eau pétillante avant de partir en grosse balade, d'autant qu'il y a largement de quoi festoyer sans se boucher les artères : fruits multicolores et légumes arrosés d'une excellente huile d'olive. Pain complet savoureux. Repue et quelque peu cramée, Flore se lance dans une longue sieste, pendant que Zéphyr repart en ville faire connaissance avec Sitia l'éternelle. Sitia l'accueillante. Sitia la coquette. L'agréable, la tranquille et diverse Sitia.

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Flore se réveille vers 17h00, prend la zapette et découvre à la télévision la situation politique en Grèce. L'anglais britannique parlé sur France 24 lui fait mal aux cheveux. L'image d'Alexis Tsipras passe en boucle. Le leader du parti radical gauche Syriza, arrivé deuxième aux élections législatives de la veille est le héros du jour pendant qu'Antonio Samaras, rarement affiché à l'écran, arrivé premier avec son parti Nouvelle Droite, s'échine encore à former un gouvernement. L'on voit par ailleurs le néonazi Nikolaos Michaloliakos avec ses gardes du corps invincibles et ses faux airs d'Enrico Massias, riche de son score de 7% des suffrages. Après sa promenade, Zéphyr retourne à l'hôtel pour enlever Flore au réel grec anglophone, manger une glace ou boire un verre dans une des terrasses du front de mer. Le soleil décline à son rythme imperceptible pendant que les locaux profitent, eux aussi, de la douceur de l'instant présent.

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Zéphyr et Flore potassent mollement un glossaire franco-grec succinct, et, surtout, réfléchissent à un itinéraire possible pour le lendemain. Décision est prise de rouler jusqu'à Kritsa, vieux village de montagne faisant la part belle à l'artisanat et à la broderie, et jouxtant le petit monastère Panagia Kéra, connu pour ses fresques byzantines, les plus belles fresques byzantines de Crète. Ils hésitent encore sur le choix de leur loueur de voiture.

Au retour, sur le chemin de l'hôtel, ils se font aborder par un employé (proactif) d'Aftokinito qui lit couramment dans les pensées, et dont nous modifions le nom de l'agence mais que les anciens clients de notre hôtel reconnaîtront pour en avoir entendu parler sur Internet, et l'avoir pratiqué pour de vrai. Les Zéphlore se font tirer par la manche, et acceptent finalement de prendre connaissance des tarifs et de leurs offres de safaris. Flore n'a cure des safaris. Zéphyr souhaite un 4x4 décapotable et n'a cure des safaris. L'animateur de safaris d'Aftokinito annonce que les 4x4 sont réservées aux safaris. Pas de 4x4, d'accord. Cela décide nos doux époux à louer auprès de l'hôtel, hein, plutôt, dont les Jeeps sont presque toutes louées, mais qui peut leur en louer durant deux jours. De retour à l'hôtel, ils signent donc pour deux jours de Jeep et trois jours de Clio.

Au dîner, ils se montrent raisonnables, végétariens et buveurs d'eau.

Sauf que Flore craque pour les gâteaux d'apparence grecque du buffet des desserts. Hélas, le goût n'est pas là. Trop d'économie de miel. Trop de crème occidentale. Les Zephlore ne verront pas le palais de Knossos mais déjà, leur palais à eux s'affine !

Il est tôt, les Zéphlore ressortent en ville, comme pour une promenade digestive, sauf que, cette fois, Flore s'offre de vrais baklavas, à savoir d'authentiques feuilles de brique croquantes, gorgées de miel liquide, de cannelle, de pistaches, tandis que Zéphyr se paie une glace gelatérienne digne de celles qu'on trouve à Paris.

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Sitia by night est traversée par des mobylettes en furie, et les jeunes garçons qui marchent à pied s'interpellent à coup de cris dont personne ne comprend le traître mot. Flore ne cesse de flipper au sujet de l'appareil photo que Zéphyr porte à son cou. Ce dernier est plus confiant, plus positif et refuse, sans appel, de rentrer se terrer dans la chambre d'hôtel. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Flore s'empare dudit appareil pour immortaliser la devanture d'une librairie typiquement grecque.

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Ils rentrent à l'hôtel sans qu'il leur soit arrivé aucun mal. Ils sèchent la "soirée-contact" avec les autres passagers de leur vol. Quels sauvages — mais ce n'est que partie remise !

 Mercredi 9 mai

Lever à 7h30, heure locale. Pour ce deuxième matin à Sitia, Zephyre et Flore se régalent une fois de plus de fruits frais au bord de la piscine. Flore s'offre deux tasses de café et du pain complet. Même chose, presque, pour Zéphyr qui aime bien les cakes. A 9h00 ils récupèrent les clés de la Clio. Ils remontent ranger la chambre pour faciliter le ménage et, sur la proposition de Flore, cadenasser la fermeture de leurs valises. Cette précaution s'avèrera, les jours suivants, parfaitement superflue. On se détend.

En quittant l'hôtel dans leur Clio de location, les amoureux croisent les deux gérants d'Aftokinito sur leur quad. Ils s'exclament "Ha." Les époux leur répondent par un salut amical avant de mettre le cap sur la ville de Kritsa.

A peine ont-ils quitté Sitia qu'une mamie tout de noire vêtue, postée sur le bord de la route, leur fait signe de ralentir. Zephyr s'arrête et Flore baisse sa vitre. Mamie parle une langue plus mystérieuse que l'Île de Pacques, mais où les Zéphlore comprennent "Parakalo" qui, d'après le «Lonely Planet», signifie à la fois "S'il vous plaît et "Je vous en prie". Avant qu'ils aient compris sa requête, Mamie ouvre la portière arrière et s'engouffre où ça, dans leur Clio. Les seuls mots qui leur viennent à l'esprit sont "Donde vas". Elle fait signe, d'une main parcheminée et tordue, de démarrer. Elle continue de parler. Les Zéphlore comprennent "Agios Nikolaos, Héraklion", qui sont dans la direction de Kritsa. Zéphyr démarre et réprime un fou-rire, tout comme Flore. Ces deux-là sont faits l'un pour l'autre.

La Clio emporte trois muets vers l'inconnu, mais soudain, notre passagère s'exclame : "Stop !"

Zéphyre demande confirmation : "Stop ?"

La Crétoise répond : " : Οι δρόμοι του Θεού είναι τέλειοι, η διατύπωση αιώνιου εξετάζεται; Είναι μια ασπίδα για όλους εκείνους."

Nè veut dire NON en allemand familier et dans la bouche de certains enfants mal lunés, mais aussi dans l'oreille de Flore qui travaille cinq jours par semaine avec des Allemands.

Alors : Stop ou Non ?

Zéphyr ralentit, mais ne s'arrête pas.

- STOP, που εμπιστεύονται σε αυτόν!!!

- Really, stop ?

- Stop, stop, stop, stop.

La Clio s'arrête, et tout en mitraillant les Français de σε  et de που, la vénérable personne pose une main sur leurs épaules, leur dit merci du fond de son cœur, si l'on en croit ses gestes. Elle sort de la voiture et, toujours par gestes, fait comprendre qu'elle va cueillir quelques plantes dans un potager pas loin d'ici. Elle bénit la voiture d'un signe de croix, et répète "Efrharisto", qui signifie "Merci."

Bouleversés, nos voyageurs décident de se rédiger des fiches pour assimiler d'urgence les rudiments du grec moderne. "Efrharisto, Parakalo, Kaliméra, Yassas" sont les mots qu'ils s'empressent de mémoriser dès le redémarrage de la Clio. Ils n'ont pas pris cette dame en photo, ayant oublié de la prendre pour une embarcation pittoresque ou un dôme de basilique, mais, de même qu'elle s'est adressée à ce qu'il y avait de plus humain en Zéphyr et Flore, ces derniers ont reconnu en elle l'âme de la Crète, et, partant, de l'humanité. Ils en croiseront d'autres, de ces dames en noir au regard perçant, et n'oseront jamais les photographier. Sur la route, ils croisent une autre mamie cueillant des herbes aromatiques. Un autre jour, Flore remarquera une grand-mère glanant tranquillement des fruits d'un arbre poussant dans une cour grillagée, comme si la terre appartenait à tous. Les images ci-dessous proviennent d'Internet.

 

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Zephyr s'arrête au premier panoramique pour prendre des photos. Le sentiment de bonheur amorcé par les impressions laissées par Crétoise éternelle explose sous les oliviers sauvages. Devient oppressant.

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Les olives sauvages libèrent une huile abondante, nourrissante, odorante et adoucissant la peau des mains. Les plantes aromatiques signalent leur présence par des assauts olfactifs renversants. La température est idéale. Déjà séduite par les principes de la japonisante Dominique Loreau, Flore prend la décision de suivre l'un de ses plus rebutants préceptes, qui est de se débarrasser de tous ses produits de beauté bio pour ne garder qu'une huile unique pour le visage, le corps et les cheveux. Et pendant que Flore prend des résolutions secrètes, Zephyr veut tout photographier. Les haltes sont nombreuses, au cours desquelles les Zéphlore se familiarisent avec la Phrygana : les oliviers côtoient une végétation ligneuse, en particulier les genêts qui moutonnent en coussinets jaunes sur un terrain sec et épineux. Au mois de mai, c'est l'explosion des fleurs. La garrigue française n'est pas si loin, sauf qu'en Crète, la phrygana débouche immanquablement sur la mer.

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En roulant un peu encore, nos amis rencontrent leur première chapelle, aux marches de laquelle est assis un papy qui n'en bougera pas, tout le temps que les jeunes photographes mitrailleront l'édifice.

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On repart. La route longe la mer à des centaines de kilomètres d'altitude, jusqu'au site de Gournia. Bien moins imposant que Knossos, sur lequel nous avons tiré un trait, il est plus évocateur, par son authenticité, de toute une civilisation disparue.

Gournia est le seul site archéologique que les Zéphlore auront le temps de visiter. C'est aussi, par chance, la seule ville crétoise à avoir été fouillée systématiquement. Elle offre à la rêverie le dédale de ses rues, de ses ruelles, des paliers ressemblant à ceux de Sitia, qui montent jusqu'au palais. Les maisons à étages sont très élaborées, se regroupant par 10 à 15 îlots ressérés qu'encerclent les ruelles munies de caniveaux par l'évacuation des eaux usées. Elle date de l'époque des seconds palais, celle qui suit la mystérieuse catastrophe naturelle de 1750 avant JC. Autrement dit, Gournia a été habitée entre 1400 et 950 ans avant le miracle grec, avant Pythagore, avant Sophocle et tous ses copains surdoués. C'est une ville qui coïncide avec l'apogée de la civilisation minoenne, avec une expansion économique et culturelle sans précédent. Vous le savez maintenant : autour de 1500 ans avant JC, une deuxième catastrophe naturelle détruira la civilisation minoenne. Des décennies plus tard, une vague d'invasions  venues du Péloponèse et des Achéens donnera naissance à la civilisation créto-mycénienne, à laquelle succèdera la civilisation dorienne. Les habitants de Gournia se disperseront dans les montagnes avoisinantes où ils construiront des habitations pauvres et isolés, ce qui laisse songeur au regard du niveau de civilisation dont témoignent les ruines.

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Les seuils des maisons sont en pierre, et les toits plats. A partir du palais et de son théâtre, les ruelles descendent par paliers depuis le sommet des collines.

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Les rues horizontales forment une ceinture entourant la ville. Les maisons se serrent les unes contre les autres dans ce quadrillage régulier.

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Après de longs moments de flânerie dans ce dédale antique, les Zéphlore reprennent la Clio garée sous les oliviers et roulent jusqu'à Istro pour déjeuner. Au hasard, ils optent pour la taverne Zygos. Encore impressionnés par leurs lacunes en grec, ils se contentent de gestes. Le patron, amusé, s'adapte à eux. Aucun mot n'est proféré, sinon le majestueux "Parakalo" du chef. Le sourire des Zéphlore s'accentue. Flore commande une moussaka et Zéphyr des légumes farcis. Le patron les fait patienter avec du pain fraîchement grillé et de la tapenade trempant dans de l'huile. Imaginez la taille du sourire du Zephyr. Le temps de cuisson semble long et, par là, rassurant sur la qualité des mets ; les sujets de conversation ne manquent pas. Le pain est bon, tout comme l'huile. La lumière suffit. Au final, la nourriture s'avère excellente, absolument savoureuse, et les parts généreuses. Sans le savoir, Zéphyr et Flore sont en train de déjeuner dans l'une des meilleures tavernes de Crète.

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31Repus, ayant su demander l'addition et une bouteille d'eau en grec, et précisé, toujours en grec, que tout était très bon, vos amis reprennent la route vers Kritsa, avec un arrêt au monastère de Panageria Kera. La très petite église se situe au milieu d’un champ d’oliviers, entourée de quelques cyprès. L’église est divisée en trois nefs parallèles dédiées chacune à un saint : par ordre en venant de l’entrée (3 euros l'entrée, photos interdites), sainte Anne, la Vierge Marie et enfin saint Antoine l’Ermite. Les deux dernières nefs communiquent par une petite porte. Dans ce minuscule espace rempli de chefs d'œuvre à moitié effacés, les Zéphlore sont un peu démunis. Flore imagine sans mal Anytè, alias Cécile, croquer le maximum de tableaux pour immortaliser son passage au cœur de l'art byzantin. Au sortir du monastère, les Zéphlore découvrent une boutique d'artisanat. Flore admire quelques broderies, mais Zéphyr, ayant lu des choses sur le sujet (encore une prophétie du «Lonely Planet»), est perplexe quant au rendu industriel des points de croix. La vendeuse les encourage avec insistance, en anglais, à regarder à l'intérieur. Ils obéissent et ressortent avec des cartes postales des fresques. Nonchalamment, ils se dirigent vers la deuxième boutique, dont les broderies leur plaisent davantage. Ils font quelques achats, puis reprennent la route.

Kritsas les attend. A partir de la place principale, qui porte le nom de Mélina Mercouri, la rue Kritsotopoula déploie tout ce qui en fait une destination prisée des touristes. Ils passent devant le célèbre bottier Détorakis, qui fabrique les chaussures sur mesure et les expédie par la poste. Ils passent devant une boutique d'articles en bois d'olivier, ils passent devant des marchands de produits de beauté à base d'huile d'olive, sans compter les innombrables broderies, les étalages de céramiques, etc. Flore se laisse séduire par deux bagues et par la gentillesse de la vendeuse. Les vendeuses de broderie sont, là aussi, très insistantes. Certaines vieilles dames brodent un peu à l'écart sur des bancs et ne demandent rien aux passants. Réalisent-elles le point géométrique propre à la Crète, le point réthymnote ? Hélas, quoi qu'il en soit leur production n'est pas à vendre.

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Décidés à offrir un souvenir pour Astreos & Eos et pour Amphion & Niobé, malgré le peu de bagage qu'ils sont autorisés à ramener dans l'avion, Zéphyr et Flore pénètrent dans la moderne boutique intitulée Nikitakis. Ils y trouvent des céramiques, des statues en bronze, des copies de musée, des livres aux images antiques et cochonnes. L'ombrageux vendeur les fixe jusqu'à ce qu'ils croisent son regard et s'exclame, vindicatif : "Yassas !" Pendant que Zéphyr et Flore hésitent entre deux mini-poteries, le Crétois aux airs d'Al Pacino se lève, décale une poterie de quelques centimètres et s'exclame : "Same designer. You want to know something ? You ask me," et de regagner sa chaise au pas de charge. De sa part, chaque prise de parole est un coup de tonnerre, et à chacun de ses mouvements, Flore a l'impression qu'il va les abandonner, rentrer chez lui, vexé par eux. Mais non : il explique en quoi chaque article, rigoureusement identique aux autres de son espèce, est unique. Il explique. Au final il les félicite pour leurs achats et les traite de connaisseurs. "You can take my card." A n'en pas douter, les Zéphlore viennent de croiser un spécimen du Crétois fier, dont il est déconseillé de reluquer la petite sœur.

Après ces menues emplettes, et de longues déambulations sympathiques, le cap est mis sur Agios Nikolaos surnommée "la Saint-Tropez de l'île de Crète", ce qui n'est pas pour enchanter Zéphyr. Puisqu'il en est ainsi, des rafraîchissements typiques sont pris sur une terrasse donnant sur la plage de Kytroplatia.

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Désaltérés, les touristes amoureux déambulent dans les rues et sont agréablement surpris. La ville (très francophone si l'on en croit les panneaux) est plus jolie que vraiment tape à l'œil.  Le lac de Voulismeni ainsi que les différents accès à la mer donnent tout son charme à la ville. Il y a aussi des kiosques à bonbons, cigarettes, chips, et soda que Zéphyr ne cesse de montrer du doigt, lui qui ne fume pas ni ne se drogue aux chips. Plus tard, Zéphyr livrera cette pensée : "le régime crétois est mort ! Ils ont eu le régime crétois !"

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Le même Zephyr, en prenant une photo du paisible lac sans fond que vous apercevez ci-dessus, découvre le très mauvais caractère des oies, dont l'une lui pince le panard.

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"C'est méchant, ces petites bêtes," lui dit un Français solitaire.

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Après avoir longé des rues piétonnes parfaitement balnéaires, les Zépoux choisissent de dîner chez Sarri's, un restaurant signalé par le Lonely Planet. Flore commande un plat de mezedes. S'ensuit un malentendu. La serveuse, semble-t-il, annonce que du vin accompagne le plat de mezedes. Croyant qu'il s'agit d'une question, Flore demande du raki. "I give it to you ! " s'exclame la serveuse avec un énorme sourire. Et de revenir avec un verre de vin et... deux verres de raki. Peu concerné, Zephyr commande des croquettes de tomate.

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Flore sirote son verre de vin, puis le premier verre de raki, avant de réaliser que le second verre de raki, auquel Zéphyr ne peut toucher en sa qualité de chauffeur et de buveur du jour de l'an (et des soirées électorales) a été renversé par mégarde sur la table. Le coma éthylique est évité de justesse par Flore. Pour la première fois, nos Français se font éconduire lorsqu'ils viennent chercher la note au comptoir. Ils retournent s'asseoir. En Crète, on a tout son temps.

Quand même, le retour leur paraît interminable dans le noir. Zéphyr se sent gagné par un élan libéral : "il faut désenclaver le frein moteur !", se dit-il — mais il n'en fait rien, alternant entre les 2ème et 3ème vitesses d'un levier bipolarisé par une feuille de route dépourvue de grandes lignes, soumise aux régulations fantasques d'une vieille Europe qui tortille du cul, les sinuosités routières brisant toute volonté d'émancipation !

Jeudi 10 mai

A 8h15, on se résout à se lever et à s'habiller fissa, et bien nous en prend, puisque le téléphone sonne. La loueuse de voiture attend la clé de la Clio, que nous (vous permettez qu'on s'appelle nous) étions sensés déposer à la réception de l'hôtel la veille. Zephyr en profite pour signaler qu'un feu arrière a été un peu degradé dans une tentative (réussie) de frotter la voiture contre un arbre. Le touriste pressé, à qui la Clio échoit ce jour, en est affligé, découragé, écœuré, anéanti, tandis que la loueuse constate les dégâts et hausse les épaules en souriant. Le petit-déjeuner face à la piscine est une fois de plus constitué de fruits et de boissons chaudes, puis, sans traîner, nous récupérons la clé de la Jeep décapotable.

Nous mettons le cap sur la ville de Zakros. En prenant la sortie Est de Sitia, nous débouchons rapidement sur des paysages indomptés, inédits pour nous. Les littoraux sont splendidement pierreux. Les paysages sont arides, montagneux, couverts d'oliviers. La beauté pure. Les yeux désorbités. Dans la sidération, les photos ne sont pas prises.

Nous passons par Palekastro. "Village agricole sans prétention", lit-on dans le Lonely Planet. Ayant parcouru la rue principale, nous décidons de nous garer pour nous perdre dans chacune de ses petites rues dites sans prétention, et pourtant adorablissimes.

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Faute de pouvoir nous installer à l'hôtel Haus-Eva et de passer l'année en ce patelin magnifique, nous poursuivons notre percée dans la Crète sud-orientale et arrivons à Zakros.

Nous optons, pour déjeuner, pour la taverne Napoléon, qui propose une cuisine familiale. Flore commande des boulettes de légumes, et Zéphyr du pain grillé recouvert d'une purée de tomate fraîche et de feta. En plat chaud, Flore essaie le chèvre au citron, et Zéphyr craque pour un plat de légumes cuisinés à la façon de la femme du chef, à l'huile d'olive.

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Tout est absolument délicieux.

Les buffets de l'hôtel nous font penser, en comparaison, à du fast-food frais, diversifié, soigneux, sans plus. C'est une impression que nous retrouverons dans chaque taverne.

Après déjeuner, nous montons dans le "haut Zakros", jusqu'à la source de Zakros. Une mamie se tient à la porte de son logis. "Yassas", lui disons-nous. "Yassas", nous répond-elle avec un grand sourire. Après nous être perdus dans le petit coin ombragé de la source, nous réalisons qu'il est trop tard pour nous lancer dans la randonnée de la Vallée des Morts.

Lorsque nous repassons devant chez la mamie, elle nous fait signe d'attendre, s'engouffre en sa maison et en ressort avec deux gâteaux. C'est précisément lorsque l'anglais ne nous est d'aucun secours que nous aimerions en dire le plus.

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Nous mâchons religieusement nos gâteaux respectifs lorsque, en contrebas de la ville, Zéphyr découvre un chiot maigrelet, attaché, ravi de nous voir, et mourant de soif. Le malheureux est attaché à une niche en béton, près d'une mini-cabane de fortune. Le mystère du "qu'est-ce qu'il fait là" reste entier.

A défaut de randonnée en raison de l'heure tardive, nous bouclons le circuit vers le sud, en poussant jusqu'à Xérocampos. Le paysage est de plus en plus époustouflant. En chemin, nous nous arrêtons pour saluer des moutons. Nous dialoguons avec nous-mêmes.

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Nous roulons jusqu'à Xerocampos.

Nous faisons une halte au bord de la mer. La plage est sauvage. Encore plus qu'ailleurs en Crète, l'eau est indiciblement transparente. Nous croisons deux ou trois couples dispersés, recueillis, silencieux comme nous. De longues minutes passent, à nous ressourcer à 400 km à peine des côtes égyptiennes.

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Nous poursuivons notre route et faisons la remontée vers le nord. La route aussi monte en altitude. Nous sommes émus de ce que nous voyons. Zéphyr crie "Ouah !" et Flore crie "Roh loh loh". Derrière nous, la route goudronnée sillonne comme un décor de publicité pour la Ferrari 360 Spider. En un mot, la montagne en impose, abrupte, pure rocaille. Fatigue oblige, aucune photo de cette ascension vers les sommets irréels où les mouettes, ivres d'oxygène, rasent le sol, ne sera prise. Nous ne nous arrêtons plus jusqu'à Sitia. Nous rendons les clés de la Jeep à la réception, puis nous redescendons jusqu'au port.

Le gérant proactif de l'agence de location de voiture Aftokinito nous attrape et nous demande pourquoi, après avoir vu leurs tarifs, nous avons décidé de louer une Clio via l'hôtel. Nous lui expliquons que l'hôtel propose des Jeeps individuellement, en dehors des excursions. Le loueur de s'exclamer que lui aussi fournit ce service, et nous lui répondons que nous l'avons, donc, mal compris, mais que nous avons signé les contrats de location pour le reste de notre séjour. Il déplore ce malentendu, et cuisine proactivement Zéphyr sur les tarifs de l'hôtel. Zéphyr a, sur la question, une amnésie brusque, et Flore, quant à elle, s'évertue à consoler le commerçant, mais quoi, la guerre entre l'hôtel et le très fameux loueur de safaris n'est donc pas près de se terminer. Possiblement, si vous partez en Crète orientale cet été, les Jeeps d'Aftokinito seront disponibles à la location individuelle. L'hôtel devra proposer d'autres avantages pour capter ses clients. Il y a du pour et du contre.

Nous achetons des cartes postales et le journal "Le Monde". Puis nous nous installons à une terrasse. Zéphyr commande une glace, tandis que Flore commande son premier café frappé, après avoir vu tant de locaux déguster les leurs. Nous remontons manger rapidement à l'Hôtel, et déclinons l'invitation qui nous est faite de participer à la tombola, puis au "Film-Quizz". Mais quels sauvages. La soirée s'écoule plutôt à lire les dernières nouvelles de la France et, tout simplement, à se reposer devant TV5 Monde avant la randonnée du lendemain.

 

Vendredi 11 mai

 

Lever autour de 8h15, petit déjeuner, et récupération de la clé de la Clio. Nous remettons le cap directement sur Zakros pour marcher enfin dans la Vallée des Morts, nommée ainsi en raison des grottes funéraires aménagées pendant la période antique dans les parois rocheuses. A Zakros ville, nous achetons de quoi pique-niquer dans les mortelles gorges. La caissière de l'épicerie est une pipelette, qui met de l'huile sur le feu de l'indignation d'un papy non moins bavard. Nous achetons une banane chacun, et de l'eau, et un pain blanc de taille moyenne, et une boîte de Vache qui rit. Le touriste néophyte, à l'étranger, se rabat sur les marques qu'il connaît.

Nous nous enfonçons dans une vallée plus ombragée que nous ne l'aurions cru, traversée par un cours d'eau. Pffiou !!! Le premier contact avec les lauriers roses en liberté nous coupe le souffle.

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Nous rencontrons, croisons, ou nous nous faisons dépasser par d'autres randonneurs, dont une quinquagénaire solitaire. Le pique-nique frugal est apprécié à sa juste valeur sur un bout de rocher. Nous photographions à tout va, même si nous échouons à restituer la majesté des canyons.

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Les oiseaux nous accompagnent tout le long, en particulier l'intarissable fauvette à tête noire et probablement le talentueux rouge-gorge familier.

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Après trois heures de marche, nous débouchons sur la plage de Zakros. Nous prenons un verre à la terrasse, au bord d'une eau limpide. La sensation dépasse le bien-être, bien connu, qui suit une séance de hammam.

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La plage est bordée de tavernes. Quelques touristes bronzent sur les transats appartenant aux divers établissements. Nous repartons au bout d'une demie heure à peu près, et faisons le trajet inverse. Il nous faut du courage.

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Mais le soleil, d'abord à son Zénith, décline, et la montagne en est sublimée.

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Nous croisons des chèvres qui se repaissent, quoi qu'il leur coûte de contorsions et d'escalades improbables, de figues sauvages. Il fait insupportablement doux à l'ombre des lauriers luxuriants.

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De retour à Zakros, nous sommes fatigués. Zephyr avale deux portions de vache qui rit en attendant de manger autre chose. Et puis finalement, comme souvent, nos rêves deviennent réalité. Assis. Terrasse. Un café frappé médium pour Flore. Une glace pour Zéphyr. Six heures de randonnée, et pouff. Petites natures que nous sommes.

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Flore pique quelques gâteaux à Zéphyr. La route du retour serpente si bien que l'estomac de Flore, bien connu pour lui avoir donné le mal du transport durant son enfance, lui fait mal au cœur.

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Zéphyr propose de dîner dans un restaurant de Sitia. Flore  dit oui. Après une douche et un bain réparateurs, puis quelques minutes de la rediffusion d'une émission sur les Anonymous, nous optons pour le restaurant de la serveuse de Melrose Place.

Elle nous interpelle cette fois encore : "Something to eat, something to drink". Nous acceptons. Pour gonfler la note, Zephyr prend une soupe avant ses aubergines farcies. Flore prend une assiette de dolmas (feuilles de vigne), puis un mix de plats grecs avec un verre de vin de Sitia. Il se trouve que les dolmas suffisaient amplement. Finir les plats est une calvaire pour Flore, puis pour Zephyr qui se dévoue pour faire un peu de vide dans les assiettes. Il nourrit même les chats que la serveuse, dans son désœuvrement, s'était évertuée à chasser. Alors que nous songeons à partir, Amanda Woodward Burns nous apporte des gâteaux à la semoule et à la cannelle, et deux verres de raki. Le raki semble jouer son rôle de digestif. A l'hôtel, nous nous couchons illico.

Samedi 12 mai

Petit déjeuner en intérieur, dû à la fraîcheur de la température. Le temps est maussade, et, de ce fait, nos humeurs aussi. Nous récupérons les clés de la Jeep, nous achetons des timbres à Sitia, et nous roulons vers Ierapetra, la plus grande ville du sud de la Crète. La cité nous accueille avec des cultures sous serre à perte de vue. La grisaille nous la rend peu amène et nous donne une impression de misère, de fatigue, ou plutôt de... grisaille occidentale ?

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Nous choisissons de manger chez «I Kalitexnes», restaurant bio signalé par Lonely Planet.

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Il n'y a pas de client. Une dame, attablée à la terrasse, et fumant une cigarette, se lève à notre rencontre et nous invite en grec et par gestes, à nous asseoir où nous voulons. Le décoration est fort jolie. 

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Pendant que nous tergiversons pour le choix de notre table, elle nous invite à venir en cuisine pour nous montrer ce qu'il y a à manger aujourd'hui. Une marmite de légumes et un plat de viandes (lapin et poulet) aux pommes de terre, sentant bon le thym fraîchement séché. Zéphyr est content : pas de doute, nous sommes en terrain bio. Et nous allons nous régaler comme chez toutes les mamans du bassin méditerranéen.

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Nous nettoyons les plats à la mie du "best bread" proposé par notre mama, puis nous commençons à rédiger les cartes postales. Quelques connaissances de la restauratrice passent, dont le patron égyptien, qui nous accueille en anglais. Une dame, sosie de Michelle Mercier, emmène la restauratrice à l'intérieur et répète un texte de théâtre. Une autre dame avec un bébé viennent faire un coucou. "Pomponelo", s'exclame la restauratrice en berçant le bébé de haut en bas. Flore commande un café grec, et Zephyr demande un dessert. "No sweet", répond le restaurateur. Mais il annonce que la cuisinière peut improviser quelque chose pour lui. Ca sera une omelette garnie de pommes au sucre et de cannelle. Acidulé, succulent.

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Après avoir constaté qu'il nous faut acheter deux cartes postales supplémentaires, nous quittons nos hôtes attachants, et nous rendons vers le centre-ville qui se trouve être, comme toujours, le front de mer.

Nous photographions le fort vénitien,l'ancienne mosquée, la fontaine turque, témoins d'une histoire particulièrement mouvementée.

Ierapetra est la dernière ville à tomber sous les assauts des Romains, en 67 avant Jésus-Christ. Elle est détruite pendant les combats, puis reconstruite, agrandie, rendue prospère, jusqu'à ce qu'en 824, elle soit à nouveau démolie par les Sarrasins, vous connaissez l'histoire. Dans la pure tradition crétoise, elle est reconstruite pendant la seconde période byzantine (entre 961 et 1204 après JC), et devient la capitale de la région peu après, par la volonté des Vénitiens. Napoléon y aurait séjourné incognito une nuit, et aurait laissé, au matin, une lettre divulguant son identité.

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Après nous être attardés près des trois principaux vestiges de l'histoire mouvementée de l'éternelle Ierapetra, nous achetons les cartes postales manquantes. La vendeuse, jeune, grande et corpulente, bruyante, est toute de noir vêtue.

Vendeuse : - Finish Sarkozy.

Flore : - Oh yes.

Vendeuse : - Hollande better ?

Zephyr : - A little better.

Vendeuse - But Hollande almost finished yet.

Zéphlore : - Oh. What : no ! May be you can't say that.

Vendeuse : - Who kows. Two weeks and Hollande finished. Wait and see.

Zéphlore : - Exactly : wait and see.

Vendeuse : - And you will see : Hollande out. Finish Hollande.

Elle s'embrouille au moment de calculer la monnaie. Puis elle jette sa tête en arrière et nous informe, avec énergie, qu'elle a beaucoup de mal à faire marcher sa tête aujourd'hui, car elle a festoyé la veille jusqu'au matin, et qu'elle émerge à peine de sa sieste. Riches de deux cartes postales et d'un mug peint à la main, les Zéphlore repartent vers le front de mer. Nous prenons nos aises sur ce qui, pour Flore, est la plus belle terrasse de Crète, pour rédiger les cartes destinées à nos collègues respectifs.

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Lorsque nous allons au cœur de la ville pour récupérer la voiture, l'impression générale est désolante. Le mauvais temps y est pour beaucoup, car Iérapetra est tout de même connue pour être la quatrième ville la plus riche de Crète. Les serres et les entrepôts, ventres et poumons de la ville, rivalisent avec les complexes hôteliers en construction pour défigurer le paysage des environs. D'autant qu'il n'est jamais facile de deviner si la construction est en cours, si c'est jour de congé ou si la finition est repoussée aux calendes crétoises.

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Le retour se fait à nouveau sans halte, et s'achève directement à l'hôtel.(Buffet à volonté, douche, dodo.)

Dimanche 13 mai

Ayant récupéré les clés de la Clio la veille, nous grattons un ou deux quarts d'heure de sommeil. Au programme : l'île de Spinalonga. Parce que c'est dimanche, Flore prend un petit déjeuner plus allemand que crétois, avec des œufs brouillés et du bacon, mais ne peut se résoudre à faire comme ses voisin(e)s de table, qui prennent beaucoup de tout, faisant honneur aux knackies, aux fromages, aux mini-crêpes au chocolat, aux pâtisseries, aux tranches de patates et autres charcuteries variées. Le trajet jusqu'à Elounda est émaillé de l'inévitable dialogue sur la situation en Grèce et sur la possibilité, de plus en plus envisagée par les analystes, que la Grèce sorte de la zone euro.

Les sommets d'Elounda, par lesquels on accède au front de mer, offrent une vue magnifique. Nous garons la voiture sur le port et partons à la recherche d'un restaurant. Nous optons, une fois encore, pour un champion du Lonely Planet. Megara est un établissement réputé pour ses poissons frais. Le serveur est du type rentre-dedans et nous accoste en français. "J'ai l'expérience des visages, c'est un talent." Une fois de plus, nous nous offrons une table surplombant directement la mer.

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La température est idéale, l'air marin enivrant. Haris Alexiou, Melina Mercouri, Danis Pantazis nous accompagnent peut-être de leurs mélodies sirtakisantes sur le bateau immobile de la nostalgie de l'éternité de la terrasse. Mais le serveur ne peut nous donner le nom du CD de compilations diffusé : il s'agit d'un mix personnel. En revanche il nous offre du pain grillé frotté d'ail avec nos délicieux fresh fruit juices.

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Flore commande une brochette de fruits de mer. Zéphyr demande quelque chose de végétarien. Le serveur lui vend ses "Vegetables Number One" : des aubergines frites, des french fries, une tomate farcie, et du taziki suffisamment gorgé d'ail écrasé pour trouver presque grâce aux yeux de notre ennemi du mélange des genres (car le yaourt en accompagnement de plats salés est un mélange des genres).

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Les restaurateurs jettent le pain non consommé dans l'eau, attirant les gros poissons et distrayant les enfants qui réclament de prendre le bateau, c'est-à-dire là, tout de suite. Les mouettes chassent sous nos regards, mais, tels Lady Gaga, U2 ou Leonardo di Caprio, qui font d'Elounda un lieu de villégiature, elles fuient les flashes des photographes. Du thym fraîchement cueilli sèche sur les tables de l'intérieur du restaurant.

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Nous prenons le premier bateau que nous trouvons pour l'île de Spinalonga. L'embarcation est coquette, de petite taille, et Flore songe immédiatement aux dernières images du feuilleton Les poneys sauvages. Le voyage jusqu'à l'île étant court, les Zéphlore en savourent chaque seconde, tout comme leurs compagnons de bateau, dont un couple de rockers masculins aux cheveux longs et aux tatouages nombreux.

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A l'approche de l'île, l'émotion saisit les passagers. Spinalonga fut construite par les Vénitiens en 1579 pour protéger Elounda. Elle se rendit aux Turcs en 1715. En 1903, elle est utilisée comme lieu de quarantaine pour les Grecs atteints de la lèpre. Les conditions de vie sont terriblement difficiles. Au début, il n'y a pas d'eau courante, et pas de médecins, obligeant les malades à se soigner eux-mêmes. Dans ce mouroir, les habitants font preuve d'un courage surhumain et d'une ingéniosité sans relâche pour, simplement, survivre. En 1936, le charismatique Epaminondas Remoundakis, un étudiant en droit atteint de la maladie, mobilise les forces, instaure des conditions de vie décentes et modifie l'état d'esprit de la communauté. La léproserie est fermée en 1957 après la découverte d'un traitement.

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Le capitaine du bateau nous laisse une heure pour visiter l'île. C'est un délai qui s'avère cruellement court. Un conseil aux futurs amoureux de la Crète : il faut prendre le temps d'étudier chaque offre de traversée. Certains bateaux proposent une visite guidée de l'île, des leçons d'histoire durant le voyage et, ou, surtout, une durée de visite beaucoup moins sadique. La beauté de l'endroit offre le charme des temps passés, en même temps qu'elle met le nez du visiteur dans la perfection de l'instant. Une journée ne suffirait pas à recevoir tout ce que chaque recoin peut offrir à chacun, y compris aux touristes amateurs uniquement de bronzette et de baignade. Ils sont peut-être les plus gâtés. L'eau est d'une pureté proverbiale.

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Flore étant livrée à ses méditations sur la lèpre, sur la captivité, sur la machine sociale et sur la mort, Zéphyr étant plongé dans son appareil-photo, les deux époux se perdent de vue. Comme s'ils étaient Erotokritos et Aretoussa, les amants héros de la grande chanson de geste de Vitsentzos Cornaros, c'est la tragédie, le drame, la péripétie. Flore grimpe en catastrophe jusqu'en haut du fort, tandis que Zéphyr fait le tour de l'île au pas de course. Ils se retrouvent finalement au point de ralliement.

Après avoir débarqué, plutôt que de nous embarquer sur un bateau plus commerçant pour retourner illico sur l'île, erreur dont nous nous mordons encore les doigts, nous allons sur les hauts d'Elounda. La vue est réellement somptueuse, du haut d'un paysage graniteux.

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Plus bas, nous déambulons dans les vieux quartiers d'Elounda, puis dans les quartiers les plus modestes. D'abord sensibles à la simplicité et aux difficultés qui se laissent deviner au coin des rues, nous prenons littéralement peur et faisons demi-tour.

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Alors nous reprenons la voiture et nous nous arrêtons juste à la sortie de la ville pour aviser de ce que nous pourrions faire avant de rentrer à Sitia. Pendant que Zephyr consulte la carte, Flore constate que, où que ses regards se posent, la beauté leur fait signe.

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Décision est prise de découvrir le plateau de Lassithi. Etendue fertile de 7 km de long et de 5 km de large à 850 m d'altitude, entourée des sommets caillouteux du mont Dicté (où naquit le vénérable Zeus). Villages agricoles plaisants, séduisants, cela promet : allons-y. Les derniers coups d'œil à l'île de Spinalonga s'accompagnent d'un questionnement : quand reverrons-nous cet endroit ? Notre prochain séjour ne pourra se faire que dans la partie ouest de l'île, à moins, bien sûr, que nous revenions pour trois semaines...

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En chemin, la route étant sinueuse et interminable, et la jauge d'essence de la Clio annonçant la fin imminente du monde, nous renonçons aux vergers et au mont Dicté. Nous coupons notre trajectoire pour aller directement à Agios Nikolaos. Cela sent la fin du séjour : nous avons raté Spinalonga, nous ne verrons pas le plateau de Lassithi, le retour à Saint-Denis est prévu pour demain. Dans notre semi-errance, nous aurons malgré tout traversé de très beaux petits villages tels que Pines, Fourni, Kastelli. Nous les aurons rangés dans nos mémoires comme étant des havres de belle humanité. Dans la Saint-Tropez de l'île de Crète, nous retirons de l'argent. Nous nous faisons escroquer un peu, mais nous étions, sans cela, déjà d'assez mauvais poil. Nous prenons l'essence qu'il nous faut pour faire une halte à Mochlos.

C'est un bien joli village, et nous retrouvons immédiatement le sourire, même si le site archéologique où sont mis à jour les vestiges d'une cité de familles d'artisans, et d'occupations diverses pendant les trois périodes du minoen, se trouve sur une île inaccessible. Le soleil finit de se coucher. Les conditions ne sont pas idéales pour prendre des photos, mais nos yeux se régalent de l'or éphémère qui se dépose sur les murs et les rochers.

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Flore résiste à la tentation de s'acheter quelques robes "Chez Cécile", bienheureuse expatriée qui a monté son petit commerce au bon endroit.

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Nous nous attablons à la terrasse d'un restaurant qui prend la carte bleue. Après quelques excellents dakos, Zéphyr commande des "Vegetables", qu'il sait maintenant être des épinards, et Flore des légumes farcis ainsi qu'un verre de vin rouge de Sitia.

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Nous aurons mangé pour presque rien, dans une ville réputée pour réunir les meilleures tavernes de pécheurs de Crète. Les Crétois eux-mêmes s'y précipitent le week-end. La serveuse aux cheveux courts nous ordonne de rester sagement à table en attendant l'addition. "Are you in a hurry?!?" Comme tous les fiers énergumènes qui nous ont servis, elle nous offre le dessert : des tranches de pastèque, de poire et de pomme archi-fraîches, et le traditionnel gâteau à la semoule et à la cannelle. C'est le meilleur gâteau que nous ayons mangé jusque-là.

Nous repartons dans la nuit. Flore somnole tandis que Zephyr négocie courageusement les virages.

Dans notre chambre, douchés, baignés, séchés, nous découvrons, à la télé, "Loulou" de Maurice Pialat, interprété par Gérard Depardieu, Isabelle Huppert et Guy Marchand. "C'est extra", commente le Zephyr amateur de dialogues percutants. "A la vie à la mort", glose la Flore amoureuse du cinéma des années 70 et 80.

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Lundi 14 mai 2012


Le départ de l'hôtel est prévu à 19 heures. Flore fait les valises, range la chambre pendant que Zephyr se rend en ville payer une amende de parking et poster les cartes.

Vers onze heures, nous rendons les clés de la chambre, croisons des touristes bougons, et déposons nos valises à l'entrée de l'hôtel. Puis nous partons en ville prendre les dernières photos. Le cœur un peu gros, nous aussi, nous faisons les andouilles sur le chantier naval aux réverbérations — Déf.: «ACOUST. Phénomène de persistance du son lorsque sa source a cessé d'émettre, dû à une réflexion des ondes sonores qui reviennent aux oreilles de l'auditeur avec un certain retard» — et contemplons une dernière fois l'art crétois de laisser les constructions qui demandent à mourir avant d'être achevés, retourner à l'état de nature.

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Nous nous attablons chez Georgios, une taverne du front de mer. Une famille de Nordiques, dont c'est probablement le premier  jour, ne tient pas en place. Le blond père quitte le restaurant photographier tout ce qu'il voit, tandis que la blonde mère et les blonds enfants, laissant leurs affaires en plan sur la table, vont profiter du front de mer, apprécier la chaleur, la lumière et les odeurs des embruns à divers endroits, dans diverses positions. Nous les comprenons, nous avons subi le même choc à notre arrivée. Le serveur, prénommé Pandélis, et dont c'est le premier jour de travail, parle français et se plie en quatre pour satisfaire tout le monde. Il a un mot rigolo pour chacun, et chacun tente de le rassurer sur la qualité de son accueil. Flore commande sa première salade grecque, tandis que Zephyr commande à nouveau des Vegetables, qui s'avèrent une fois de plus être des épinards fort bien cuisinés. Pandélis nous offre, pour le dessert, du tiramisu fait maison. La panacotta est ferme et onctueuse à souhait.

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Le séjour de Pandélis en France, en tant que serveur dans le restaurant grec de sa sœur (dans le quartier Saint-Michel à Paris, where else) l'a guéri des grandes villes. Sa vision des vacances, toute méditerranéenne, est de rester des semaines entières au même endroit, à, simplement, vivre chaque heure comme elle vient. Difficile, en effet, lorsqu'on est en paix avec soi-même, de ne pas se contenter du soleil, de la mer et de la compagnie de quelques amis. Quant à la situation grecque, il faut, dit-il, attendre de voir, et espérer. Zephyr et Flore ont du mal à quitter le bonhomme, tandis que ce dernier tente de les consoler de la fin de leur séjour. Une dernière balade jusqu'à l'hôtel...

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... Flore ressentant un besoin violent d'écrire. Zéphyr en profite pour potasser un gros bouquin titrant «Sound Fx». Ils se posent à une terrasse ombragée de l'hôtel, pendant que les autres vacanciers jouent au ping-pong, boivent leurs derniers cocktails "all inclusive", ou s'ébattent dans la piscine, éméchés et blagueurs. Flore profite du bar à volonté pour prendre un cocktail sans alcool jaune au fond, rouge à la surface, imbuvable.

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Le bus quitte Sitia à 19 heures. L'avion décolle d'Héraklion à 23 heures, pour atterrir à 2h20, heure de Paris. Nous ne nous couchons pas avant d'avoir partagé nos impressions sur notre chauffeur de taxi nocturne, un conducteur plus ailé que zélé.

Le mardi 15 mai, à midi, nous faisons un sort au gâteau à la carotte et à la cannelle que Thalie eut la gentillesse de laisser, pour les jeunes mariés, dans leur frigo.

Comment conclure ? Nous aurons dépensé moins de la moitié de notre budget. Nous aurons fait le plein de nous-mêmes. Nous remercions très fort ceux qui ont rendu ce voyage possible, et qui, les 27 et 28 août 2011, ont insisté, dissipé avec ferveur nos hésitations quant à faire un voyage de noces, et spécifiquement un voyage dans une île grecque. Nous revenons transformés, et, anecdotiquement, confirmés dans nos convictions comme dans nos choix alimentaires. Nous y retournerons, et, en attendant, nous continuons, vaille que vaille, sans nous formaliser des écarts, à suivre le régime crétois.

De toute façon, nous sommes tous des Grecs.

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samedi 26 mai 2012

Savoir vivre

"Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle
l’Estime de soi.

1

1A

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle
l’Authenticité.

2

2A

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de vouloir une vie différente
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive
contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle.
la Maturité.

3

3A

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à percevoir l’abus
dans le fait de forcer une situation ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux,
sachant très bien que ni la personne ni moi-même
ne sommes prêts, et sachant que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle
le Respect.

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Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire,
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle
l’Amour propre.

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Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre
et j’ai arrêté de faire de grands plans,
j’ai abandonné les méga-projets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime
quand cela me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle
la Simplicité.

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Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de chercher à avoir toujours raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert
l’Humilité.

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Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois.
Et cela s’appelle
la Plénitude.

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Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur,
elle devient une alliée précieuse.
Tout ceci est
Savoir vivre."

Kim et Alison Mc Millen

 

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Encore un peu de patience : le récit du voyage est en voie d'être publié !

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mercredi 8 février 2012

Rendez-vous sur l'Île de Crète

Zephyre et Flore ont la joie de vous donner un aperçu de leur voyage de noces. Si Dieu veut, si tout va bien, Sitia pas de grève des avions, ni de Notam impromptu à l'aéroport d'Heraklion(private joke...)

Lieu : la Crète, Grèce

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Période : du 7 au 14 mai

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Lieu de chute : la ville de Sitia

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Programme : Dolce vita à la crétoise, randos, fouilles archéologiques, interviews d'autochtones, prise de contact avec le parti communiste crétois etc.

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Et pour ceux qui s'inquiètent à bon droit de notre couchage, voici une vidéo de notre hôtel. 

 

 

Faut-il le répéter, c'est à vous que nous devrons, entre autres cadeaux, cette parenthèse dans notre quotidien givré (heureusement que l'amour fait constamment office de chauffage central !)

A bientôt, avec toute notre affection.

Flore et Zéphyre aux anges.

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samedi 26 novembre 2011

Merci

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Laurent : Il y a des jours où l’improbable se produit : nous nous sommes rencontrés ce jour-là.

Eva : Seigneur, merci de nous avoir offerts l’un à l’autre.

Laurent : Nous nous sommes découvert deux angles différents, arrangés de nos itinéraires, comportements et points de vue ; nous avons choisi de les assembler dans le respect de nos personnalités.

Eva : Seigneur, merci pour nos différences et pour notre complémentarité. Merci car, par notre altérité, tu nous donnes de veiller l’un sur l’autre, de recevoir, l’un de l’autre,  un regard neuf,  apaisant ou stimulant, sur toute chose. Tu nous donnes le courage d’accepter les possibilités nouvelles, et tu nous maintiens unis par la force du pardon.

Laurent : Nous sommes ici, aujourd’hui, avec vous, famille et amis, qui nous avez protégés, aimés, et nous avez transmis les valeurs qui permettent notre projet de vie commune.

Eva : Seigneur, merci d’avoir gardé dans ta main, par-delà les difficultés, ceux qui n’ont pas cessé de vouloir notre bonheur. Veille sur eux comme tu veilles maintenant sur notre couple. Aide-nous à grandir dans ton amour, et fais de notre couple un foyer solide et accueillant, tourné vers les autres.

Laurent : Nous partageons un même idéal d’équité. Nous essayons de nous préoccuper du bonheur des autres sans considération d’origines, de couleurs, d’appartenances sociales ou professionnelles. Nous nous sentons concernés par l’état de santé physique, économique, psychologique des hommes, où qu’ils vivent, et de Dame Nature.

Eva : Seigneur, entends notre désir commun d’être utiles au monde, d’aider ceux qui souffrent, de participer à l’action des hommes de bonne volonté pour préserver la nature. Merci d’avoir mis dans mon cœur l’espérance, dans celui de Laurent l’exigence, et dans nos deux cœurs la volonté d’agir pour faire, chaque jour, de ce monde un monde meilleur

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dimanche 4 septembre 2011

Si je n'ai pas d'amour, je ne suis rien

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L’amour, c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l’amour de l’être aimé.

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La vie n’est-elle est pas plus importante que la nourriture et le corps plus important que les vêtements ?

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Tu m'accueilles en versant sur ma tête un peu d'huile parfumée. Tu remplis ma coupe jusqu'au bord.

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Qui aime ne se réjouit pas du mal, il se réjouit de la vérité. Qui aime supporte tout et garde en toute circonstance la foi, l'espérance et la patience. L'amour est éternel.

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Je promets de t’aimer, de te respecter, de te protéger, de vivre avec toi dans la vérité, de te demeurer attaché dans les bons et les mauvais jours, dans la prospérité et la détresse, dans la santé et la maladie, et de te rester toujours fidèle. Je promets de faire de notre couple un lieu de promesse, de tendresse et de joie.

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La vie, même vaincue provisoirement, demeure toujours plus forte que la mort.

 

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Je crois que la vérité et l'amour sans condition auront le dernier mot effectivement.

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mercredi 31 août 2011

Date limite

Mercredi 17 août

Zéphyr est grave.

Il se pose les mille et une questions de tout futur marié avant le grand jour, telles que : comment concevoir une soirée réussie sans les remixes 2011 de "Personal Jesus" ou le mash-up de "Alors on danse".

Ne sachant ni résoudre ni se résoudre, la décision est prise : le départ, programmé ce mercredi, est ajourné au lendemain.

Mais l'action coupe court à ses introspections : à midi trente pétantes, les Zephlore prennent d'assaut l'officine Copy Top de Place Clichy dont l'employé zélé a d'ores et déjà tiré le rideau de fer pour partir bouffer. Il comprend pourtant que Zéphyr ne lâchera pas le rideau sans les menus et escort-cards en poche : enfin quoi, Zéphyr les avait uploadées la veille sur le site de l'imprimeur, c'était quand même pas pour rien.

Ceci fait, les Zéphlore découvrent leur butin tout en se dirigeant vers le métro qu'ils venaient juste de quitter. Youpi : le résultat n'est pas si chouette que chez Comoprint, mais la photo d'Alba-la-Romaine placée au verso du menu les émeut tout de même. Ils mettent à présent le cap sur un autre imprimeur afin de mettre les "songbooks" sous presse. Vers 14h, le boss du magasin leur propose : "je vous les plie et je les agrafe ? Comptez 40 mn...".

Banco ! Les Zephlore filent Gare du Nord chercher la Kangoomobile chez un loueur mal aimable qui leur annonce pourtant : j'ai une Kangoo, une Peugeot ou un Volkswagen pour le même prix, vous prenez quoi ? Les Zephlore quittent la gare au volant d'une Volkswagen Caddy TDI, récupèrent leurs songbooks chez l'imprimeur voisin du Naturalia Hôtel de Ville et foncent remplir le réservoir chez Meilleurs Vins Bio, tout ça sans GPS, mais à l'aide d'un bon vieux plan de Paris au format poche et des talents de copilote de Flore.

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La journée est bien remplie, le Caddy aussi : de retour à Saint Denis, les Zephlore ne se privent pas de la plus belle place de stationnement qui les attend au bas de chez eux et déchargent toutes leurs caisses de pinard qu'ils crapahutent dans leur petit appartement.

Demain, on décolle.

Jeudi 18 août

Décoller, tu l'as dit : Zéphyr et Flore prennent l'autoroute de Normandie vers 18 heures dans la Caddy, chargée de bouteilles, de cartons de toutes les tailles, d'une valise d'habits et d'une sacoche de tubes de crème. Ils arrivent à Vierville-sur-mer peu après 20h00, décoiffés par la puissance du Caddie dont le coffre est plein mais qui n'en a pas moins sous le capot ! Ils tâcheront de ralentir un peu la cadence à l'avenir (ah !). Mummy et Dodo Dndn les accueillent comme ils savent si bien le faire, dans la douceur et la chaleur d'un foyer en vacances. Flore, en plus de la soupe et des deux yaourts réglementaires, agrémente son régime-pour-ne-pas-craquer-sa-robe-de-mariée d'un verre de Porto, d'un artichaut savoureux et d'excellentes crevettes de Madagascar

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(mais résiste à la bonne tarte aux mirabelles et à l'abricot) pendant que Zephyr, en plus de son artichaut, fait honneur à la charcuterie locale. Il faut dire que c'est la fête, la sienne, même, puisqu'il se voit offrir un casque audio de la part des Domichelle en l'honneur de la Saint-10-août. Damned : c'est un casque à télé, et-les-Zephlore-y-n'ont-pas-la-télé !

Un rôti cuit doucement sur la gazinière pour le pique-nique du lendemain alors que, de leur côté, la famille Rhmf, rentrent à Saint-Vaast après leur journée au Mont Saint-Michel. Soudain, la vie des (futurs) mariés se met au ralenti, en harmonie avec la quiétude de la bourgade où ils posent leur valise avec la ferme intention d'y fêter leur mariage religieux.

Pfiou.

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Vendredi 19 août

Zephyr et Flore ne se lèvent pas aussi tard qu'ils auraient voulu car il faut contacter le traiteur à 10 heures. Sous le regard bienveillant des Dndn, Flore se jette sur sa part de tarte et Zéphyr sur ses tartines beurrées, puis Zephyr appelle son camarade et traiteur Fab'. Rendez-vous est pris en fin de matinée pour finaliser la prestation du 27 août. Dodo et Mummychelle les accompagnent. Dans la boutique-bureau du gentil et célèbre cuistot, les derniers détails sont fixés, l'excitation monte, tout roule.

S'ensuit une visite à la Fnac de Caen pour se débarrasser du casque-à-télé. Zéphyr sollicite le vendeur : et c'est quoi les meilleurs casques pour un player MP3 et tout ça, avant de lui couper la chique tout net : "Oh ! Vous avez le Quincy ! Je prends celui-là !". Ce jour-là, Zéphyr quitta Caen armé du casque Akg "Quincy Jones", qui en jetait quand même plus, en apparence comme en décibels, que ses deux boules Quiès à ficelles électriques. Mais ce n'est pas tout : les Zéphlore étaient désormais accompagnés de l'encombrant Ethan Tremblay, héros de la comédie de choc "Date Limite", achetée en douce à l'attention de la fête à Dodo, le tout en étroite connivence avec Mummychelle qui faisait diversion avec plus ou moins d'audace.

Après un repas raisonnable et copieux (hu?) dans une cafeteria, l'équipe de choc se rend à son tour au Mont Saint-Michel.

Parenthèse enchantée, dans le calme et la beauté des hauteurs du Mont, loin des touristes et de l'empire de la mère Poulard.

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Et le soir, gastronomie légère et cours de valse sont au programme, après la causette en cuisine, Mammamia, serons-nous jamais prêts dans les temps ? En tout cas, pas de "Date Limite" ce soir pour nos héros intrépides.

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Yes we can ! L'union fait la force !

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Samedi 20 août

Zephyr et Flore ne se lèvent pas aussi tard qu'ils auraient voulu car ils ont rendez-vous avec la Babysitter à 10 heures dans la maison des Dndn. Ces derniers partent en course. Le temps pour Flore de cogiter sur le plan de table et d'échanger des emails avec Meak et Dj Dom, la créatrice de Mega-Top service arrive, ponctuelle, professionnelle, naturelle et, comme la totalité des prestataires rencontrés jusque-là, parfaite. Les futurs mariés et la Nounou descendent ensemble à la salle des fêtes.

babysitter

Zephyr prend des photos pour le traiteur, et la Nounou fait un repérage angoissé ("Vous savez où est-ce que je peux m'installer ?"). Les locataires du week-end leur ouvrent grand les portes d'une salle décorée à leur idée, et d'une cuisine en effervescence - mais qui sent un peu trop chaud-la-mayo pour Zéphyr.

Salle - intérieurCuisine - Four - machine a laver - tables 2

Il reste à appeler la responsable de ladite salle, à noter l'heure où l'on récupérera les clés la semaine suivante (rdv à 14 heures, le vendredi 26 août), mais aussi à appeler DJ Dom concernant les rallonges, et répondre à ceci, et finaliser cela, et les amoureux s'offrent le samedi le plus pépère qu'ils aient connu depuis des mois (il leur est impossible, au moment où ils rédigent cet article, de se souvenir de ce qu'ils ont fait : c'est dire.)

Ah, si.

Comment ont-ils pu l'oublier :

Après un bon manger, ils aident Dodo et Mummychelle à monter la tente.

C'est la répétition générale du jour J : il faut s'assurer que la tente est en bon état, et qu'on sait faire, tous autant que nous sommes. La réponse est oui.

tente

Il faut encore acheter des cordons et des piquets, et surtout un tube de crème pour la peau de Zephyr, ce qui n'est pas une mince affaire. Sept pharmacies. Avec Dodo, les amoureux visitent six pharmacies de Bayeux, achètent le-nécessaire-à-tente ainsi que du lait de soja bio aromatisé à la fraise et des tablettes de chocolat Alter Eco au Leclerc de Bayeux, avant de trouver la crème miracle, miraculeusement, dans la septième pharmacie, celle de Trévières (sentez-vous libres de consulter une carte pour évaluer le détour cocasse).

Nos trois compères font du tourisme malgré eux et grâce au GPS, découvrant des paysages et des lumières complètement magnifiques entre les Fours à Chaux et Blay, à la recherche, tant qu'ils y sont, de ruines pour les photos de couple. Ils rentrent tard. Les Zephlore se faisaient une joie de regarder "Date limite" avec les Dndn (et Ethan Tremblay), mais il y a plus urgent. Les deux couples répètent la valse : Avant, Ecarte, Joint - Arrière, Ecarte, Joint. Ils s'aperçoivent que les morceaux choisis par Zephlore ont des tempos trop rapides pour eux. Zephyr décide de faire un aller-retour Caen/Saint-Denis pour les ralentir avec son logiciel qui tue, et aussi pour rassembler d'autres morceaux pour Dj-Dom, car comment est-ce possible : Zéphyr a oublié à la maison son disque dur externe.

Mais pas ce soir tout de suite. Et pas demain non plus, car demain, les parents de Flore viennent déjeuner. En attendant, les Zephlore font un peu de Google Earth infructueux en quête d'une hypothétique ruine située dans les environs et au premier plan de laquelle ils pourraient bien poser.

Dimanche 21 août

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Les images parlent d'elles-mêmes. Journée conviviale avec les deux familles sous la tente. Barbecue, salade piémontaise (avec du [BbbiiiIIIIipP] dans l'assaisonnement), gâteaux au chocolat et au citron. 

Balade digestive jusqu'à la mini-falaise.

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Lundi 22 août

Zephyr et Flore ne se lèvent pas aussi tard qu'ils auraient voulu car ils ont prévu de faire un aller-retour Caen-Saint-Denis dans la Caddy-Caïda. Arrivé chez eux, Zephyr retravaille le tempo des valses, les compresse un peu pour gagner en loudness, et télécharge quelques morceaux pour Dj Dom, tandis que Flore pique un somme. En fin d'après-midi, tout est prêt, Zephyr emporte son disque dur amovible et, avec sa chérie, ils font un crochet au Pecq pour récupérer Thalie, ce qui évite à celle-ci de payer son billet de train pour la Normandie. A Caen, voilà-t-y pas que Flore crève la dalle et demande à ce qu'ils mangent un morceau. Le trio s'arrête dans un bar à tapas, et, à leur corps défendant, s'empiffrent de bouchées hispanisantes. En fin de soirée, un serveur leur offre une assiette d'accras de morue à laquelle Flore fait (un peu) honneur. La météo leur rappelle pourtant où ils sont : le trio latino ne quitte pas le restaurant sur un bitume fondant, mais sous une pluie généreuse, dans le noir, au milieu d'un brouillard sporadique, tout en remerciant le guide Michelin d'exister. Flore peut ainsi se préparer aux flashes des paparazzi du 27 août (mais les photos ci-dessous ne sont pas de nous).

 

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Et c'est vers 23 heures que Zephlore dépose le colis nommé Thalie au QG de Saint-Vaast, puis les deux coeurs rejoignent Vierville sans bourrer la cantoche car ils ne bourrent jamais la cantoche - en tout cas sous la pluie. D'ailleurs, à quoi bon : "Date Limite", c'est pas encore pour ce soir !

Mardi 23 août

C'est la journée des petites courses. Une cravate, des collants, des bocaux pour le Candy-bar, un serre-tête pour Cilia, etc. etc. C'est en sortant du Casa de Caen que Zephyr loupe la marche et se tord une cheville, croyant pouvoir dire adieu au dance-floor du 27 août.

Ils n'en cherchent pas moins le fleuriste repéré quelques semaines plus tôt, à Bayeux, avant de découvrir que ce dernier est fermé et, pis encore, n'ouvrira pas à temps pour le mariage.

Retour à Caen dans la Caddy, tournée des fleuristes : rien, nada, pas de bouquets aussi zéphyresque que chez le fleuriste fermé. Alors ils reprennent la route pour Vierville, et c'est dans le prolongement de la route de Bayeux qu'ils tombent vitre à vitre sur "Jardins d'Enfance" et réalisent que voilà ce qu'ils cherchaient, cong. La boutique est fermée car il est tard, mais làs, les amoureux reviendront demain.

Au coucher du soleil, Flore fait un footing sur la plage pendant que Zephyr répète la deuxième voix du "Tourbillon", écrite avec son coeur et son talent. Ils répètent ensemble, puis s'en retournent passer une autre soirée douce en famille.

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Il est trop tard, néanmoins, pour regarder ensemble de désopilant film "Date limite" de Todd Philips avec Robert Downey Jr. et Zach Galifianakis (dit "Ethan Tremblay").

Mercredi 24 août

Zephyr et Flore ne se lèvent pas aussi tard qu'ils auraient voulu car ils doivent trouver leur fleuriste et commander les fleurs et ensuite retrouver les Dndn et les Rhmf à Vierville pour l'atelier des travaux pratiques.

A dix heures, ils sont devant "Jardins d'Enfance". A dix heures trente, ils en sortent, ayant passé commande des bouquets de table, du bouquet de la mariée et des boutonnières, tout ça pour le budget anticipé par Flore à l'euro près. Ouaou !

Quartier libre ? Pas tout à fait : il y a aussi le sel et le poivre à acheter, ce qu'ils n'avaient pas eu le temps de faire la veille. C'est l'occasion pour eux de découvrir le Cora de Caen, où il y a vraiment plein de choses. De retour à Vierville, Flore remplit les salières et les poivrières avec Mummychelle pendant que Zephyr découpe les escort-cards.

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A 14 heures, les renforts arrivent. Et c'est parti. Mention spéciale pour Lamash qui a su paginer le livret de messe et qui a veillé à ce que tous les exemplaires soient reliés correctement.

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Mention spéciale à Bozo qui a fait TOUS les trous des escort-cards.

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Puis les Rhmf retournent à Saint-Vaast, rejoints bien bien plus tard par les Zephlore, le temps pour ces derniers de rassembler leurs affaires, faisant une croix, momentanément, sur le visionnage en famille de "Date limite", le film avec Ethan Tremblay.

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Jeudi 25 août

Ainsi donc, les Zephlore se réveillent à Saint-Vaast, sur les coups de onze heures trente. Ils sont entourés, choyés par treize personnes au moins, occupant un gîte qui en hébergera 28 le lendemain.

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Zephyre se met à l'ordinateur portable en pensant très fort à DJ Dom, tandis que Flore met au point l'emploi du temps du fameux lendemain, répond aux emails de Meak et de Patapouf (la nounou), et regarde monter le... le quoi ? la sensation palpable et curieuse  qu'elle observe cliniquement dans le but de l'intégrer dans un roman intitulé "Ils avaient l'âge du mariage."

 

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Puis, quittant le tourbillon de la vaste et joyeuse communauté dans l'après-midi, les Zéphlore se retrouvèrent à Vierville, accueillis par Dodo, Mummychelle et Athéna, qui leur montrèrent un monument susceptible de décorer leurs photos de couple : la fontaine Saint-Clair de Colleville. En effet, Dodo avait pris très au sérieux le souhait des Zephlore de poser en photo au premier plan d'une ruine en pleine campagne et leur proposait régulièrement tel ou tel caillou onirique.

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Regardez cette photo :

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Réponse a : "Siiinging in the rain !" ?

Réponse b : "Les demoiselles de Rochefort" ?

De retour à Saint-Vaast, Zephyr se remit à l'ordinateur tandis que Flore échangea quelques balles de ping-pong avec Thalie. Puis la communauté dîna de la bonne salade d'Alexandra et du riz du bon Ned (ou Katita). Puis Flore regarda à nouveau monter le... quoi déjà ?

Jusqu'à ce que le doux tonton James trouva l'antidote : un cours de valse!

 

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On en oublia encore Ethan Tremblay.

Vendredi 26 août

Chercher le percolateur, les nappes et les serviettes chez le traiteur.Absorber toutes les ondes positives qu'il diffuse gratuitement.

Faire un essai intégral de coiffure.

Confier le coussin d'alliance à Mamie-Denise.

Confier les bulles de savon à Alexandra.

Annuler la chambre d'hôtel d'une témoin en se connectant à l'Internet de la bibliothèque de l'ancienne école de Saint-Vaast.

Charger encore plus de musiques pour Dj Dom.

Faire les ongles de Flore.

Jeter un oeil au temple pour vérifier la sonorisation

Décorer la salle dont les tables contiennent 6 personnes et non pas 8 comme Flore l'avait cru, et donc installer les tables en U, alors les escort-cards se transformeront finalement en marque-place. Gonfler les ballons, mettre la table, monter la structure de la tente.

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Chercher et installer les fleurs.

Accueillir Diogène et sa famille, puis chercher Anytè ainsi que la couturière, son époux et sa fille à la gare de Caen. Rouler, rouler, rouler, encore rouler de nuit et manger un couscous géant à Saint-Vaast, où un tiers des invités du mariage viennent s'installer.

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Aller se coucher seule à 22 heures (Flore)

Assister au cours de valse administré par la charmante compagne de Diogène, ramasser à nouveau quelques affaires et s'en aller se coucher seul dans sa chambre de Vierville (Zéphyr).

Regarder pleuvoir et fleurir et monter et se multiplier et rayonner l'Amour.

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mercredi 24 août 2011

A samedi

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Exterieur salle - vue de biais

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mercredi 17 août 2011

Veille du grand départ

Et le temps passa vite, les démarches aboutirent, les coups de fil, les devis, les check-list à mi-parcours, les dates du calendrier défilèrent comme dans un grand moment d'absence ou plutôt de confiance, et voilà que c'est déjà l'heure pour Zéphlore d'empaqueter toutes leurs affaires encombrantes et de partir en Normandie rejoindre leurs parents, les Dndn comme les Rhmf.

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Car les cartons sont pleins, tout comme nos bottes (NOUS EN AVONS PLEIN LES BOTTES !)

Pleins de choses commandées sur Internet, mais aussi de choses fabriquées, dont quelques menues surprises.

Vous souvenez-vous des bougies ? Et bien les voilà, elles sont prêtes :

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Vous ne vous souvenez pas (tous) des oiseaux, car il était humainement impossible d'écrire ici à propos de tout ce que nous tramions, le temps de les tramer dévorant déjà tout sur son passage. M'enfin Flore s'était promis d'inclure des oiseaux en papier dans la salle, à l'image de ce qui s'est fait ailleurs :

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Les oiseaux, non, ce n'est pas furieusement grec, mais c'est beau, alors Flore les dessina, les découpa et en fit des guirlandes :

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Et le déchet servit bien sûr aux check-lists :

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Dans les cartons figurent aussi les menus et les escort-cards, fignolés par Zéphyre à la prose ample et à l'oeil sûr, que les futurs décorateurs de la salle découvriront en avant-première, et que le couple infatigable fit imprimer ce matin chez Copytop (tip-top)

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Sous l'enveloppe, vous apercevez un carton de bouteilles de vin, que vous pouvez mieux voir ci-dessous :

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Le fabricant, il lui a plu de mettre les images des cartons à l'envers, il fait du bio, c'est pour ça. Qu'est-ce qu'on peut vous dire d'autre. Zéphyre et Flore ont un plan de table en tête (c'est-à-dire sur Excel), ce fut compliqué, et ce n'est pas fini.

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Et ce qui commence, c'est la préparation in situ, en Basse-Normandie, entourés des familles. Il faut dire la vérité, ce mariage est la meilleure idée du siècle ne serait-ce que parce qu'il premet à nos chères familles de se retrouver comme larrons en foire, et à nous d'en profiter doublement : bonheur !

 

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